A Little Market A Little Mercerie

Conférence 2013

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Théâtre

Nombreux sont les secteurs touchés par la crise. Cependant, un semble s'en tirer mieux que les autres : l'artisanat. Avec 300 milliards d'euros de chiffre d'affaires en France et 430 000 emplois crées en 7 ans*, l'artisanat est un acteur de poids dans le tissu économique français. Le 30 mai dernier, nous avons ainsi souhaité mettre en avant ce secteur encore trop oublié en organisant notre toute première conférence au théâtre du Ranelagh. A travers un format dynamique et innovant, 4 intervenants aux profils très différents, avaient donc pour objectif d'explorer, sous l'écoute attentive de quelques 200 invités, les diverses facettes de ce secteur en pleine mutation.
Partageant une vision commune des valeurs entrepreneuriales, c'est tout naturellement que Generali a souhaité soutenir l'artisanat à nos côtés en devenant pour l'occasion notre partenaire exclusif.

*Source : APCMA 2011

"L'artisanat est aujourd'hui une réalité, une modernité réinventée."

Intervenant
Sophie Boutillier
Maître de conférence, Docteur en sociologie et Chercheur. A travers ses travaux sur la théorie économique de l’entrepreneur et de l’innovation, elle a pu s’intéresser de façon approfondie à l’artisanat. L'artisanat et la dynamique de réseaux L'HARMATTAN, 2011

Dans son intervention, Sophie Boutillier nous offre un retour historique sur le développement de l’artisanat.
En remontant après la seconde guerre mondiale, elle part du constat que la consommation de masse et le travail répétitif dominent durant les trente Glorieuses. J. Galbraith (économiste américain) parle dans son ouvrage « Le nouvel état industriel » (1968), de la petite entreprise comme une forme d’organisation économique révolue. Il y décrit le petit entrepreneur comme un être rustre et sale et fait l’apologie des grandes entreprises. Nombreux pensent ainsi à cette époque.
Mais au début des années 70, mouvements contestataires et évènements économiques vont changer la donne. Schumacher (économiste américain) montre au travers de sa thèse, « Small is beautiful » (1973) que les petites entreprises ont leur mot à dire.
Naissance du nouvel artisanat dans les années 80. Sophie Boutillier explique cela part le fait que l’individu veut être acteur de sa vie ! Richard Sennett (sociologue anglais) dans son livre « Ce que sait la main » définit alors l’artisanat comme le « respect du travail bien fait, la volonté d’accomplissement et de créativité ».
Pour conclure, il semblerait qu'un système économique efficace repose toujours sur la coexistence entre grandes et petites entreprises.

"L'artisanat fait parti de l'ADN culturel et économique français."

Intervenant
Catherine Elie
Directrice des études et du développement économique à l'Institut Supérieur des Métiers. L'ISM a pour mission la production et la diffusion de connaissances sur l'économie des entreprises artisanales et les spécificités de leur fonctionnement. Institut Supérieur des Métiers

Dans sa présentation, Catherine Elie nous démontre l’extrême attractivité de l'artisanat et les tendances l’expliquant.
Avec 1,1 million d’entreprises en France, soit une entreprise sur 3 en 2013, l’artisanat ne cesse de se développer. Cela représente 3 millions d’emplois répartis sur environ 250 métiers. Une vraie « mosaïque de talents » pour Catherine Elie qui nous explique que l'artisanat a deux grands avantages. Son adaptabilité avec des métiers de type séculaire mais aussi nouveaux (installateur de panneaux solaires, de piscines...) nés avec l’évolution technologique et le changement des besoins de consommation. Sa compétitivité, grâcecompétences pointues, flexibles et réactives grâce à leur taille, permettent aussi le sur-mesure. Au delà de ça, l’artisanat doit aussi son succès au regain d’intérêt de la production locale et du Made in France.
Désormais, trois enjeux se détachent. Réussir la révolution du numérique, séduire la génération Y et faciliter l’accès au financement afin de pérenniser le développement de ces entreprises.
En conclusion, pour Catherine Elie, « dès lors qu’on a du talent, du professionnalisme, qu’on sait convaincre les clients et gérer son affaire, tout est possible ! »

"On peut devenir artisan grâce à internet."

Intervenant
Charlotte Guillard
Rien ne prédestinait Charlotte à devenir créatrice de bijoux. Diplôme de prothésiste dentaire en poche, elle tente, à côté de son travail, d'assouvir sa passion pour la mode et la création. Pour celà elle fabrique des bijoux originaux pour ses proches. Encouragée par les réactions positives de son entourage, elle quitte son travail son travail en 2012 et crée sa marque, Apache. Boutique A Little Market

Charlotte nous explique son parcours en temps que créatrice, tout commence en 2012 lorsqu'elle décide de créer sa propre marque de bijoux. Sans aucune formation de commerce ou communication, elle nous explique comment elle a su faire de cette aventure un réel succès.
Tout d'abord, s'est posé la question du lieu de vente. Avoir sa propre boutique ? Hors-budget. Charlotte entend alors parler de sites spécialisés où elle pourrait créer sa propre boutique virtuelle . Elle se lance, mais rapidement, il faut trouver un moyen d'attirer un plus grand nombre de clients. Elle commence alors à leur envoyer des newsletters, puis elle contacte des blogueuses mode pour faire des partenariats tels que des jeux-concours.
Grâce à ça, les ventes et les visites décollent ! De 300 visites par mois début 2012, elle en est maintenant à 4000.
Une américaine l'a même contacté afin de vendre certaines de ses créations dans sa boutique Made in France niché au coeur de l'Ohio.
Volontaire et bourée de talents, Charlotte ne compte pas en rester là. Elle débute dans la fabrication de pochettes, en apprenant à coudre avec sa grande tante, ancienne couturière ! Et envisage avec d'autres créatrices d'organiser des ventes dans des boutiques éphémères. Pour elle, c'est « une expérience humaine super enrichissante ! »

"Du projet personnel à la start-up, il n'y a plus que quelques clics."

Intervenant
Bertier Luyt
Après une brillante carrière dans la musique, Bertier s'oriente vers le design et le digital. Son expertise en modélisation 3D est reconnu en 2010 lorsqu'il intervient dans une conférence chez Google Sketchup sur la modélisation et la fabrication digitale. Invité à la Maker Faire de New-York en 2011, il lance un an plus tard, Le FabShop, atelier de modélisation 3D et fabrication digitale. Le Fab Shop

Après son bac, Bertier décide de partir à New-York, il veut devenir artiste digital. Pour cela, pas de formation. Il lit des livres, se renseigne, rencontre des professionnels. En 2005, il crée avec sa femme, une entreprise de construction de décor de spectacle. Et en 2012, à l'occasion d'un concours de création d'entreprise, il imagine un atelier de fabrication digitale qui permet grâce à des logiciels et des machines, de passer d'un objet virtuel à l'écran à un objet concret. Aujourd'hui, le Fabshop est le leader français de l'impression 3D personnelle, il emploie 8 personnes et ils seront 14 à la fin de l'année.
Le Fabshop s'inspire directement des Fab lab mis en place par le Massachusets Institute of Technology. Des ateliers de fabrication numérique où les étudiants reviennent après les cours pour construire les objets qu'ils ont imaginé (table, lampe...). Ces endroits permettent de « concrétiser ses rêves ». Pour preuve, l'histoire d'un petit relieur de San Fransisco. Il s'est rendu dans un Maker Spaces (Fab lab professionnels) et grâce aux logiciels et aux machines, il a pu créer une housse pour tablettes. Sa marque est désormais vendue dans de grandes enseignes et même Mr Obama en a un !
Quant à Bertier, il ne compte pas s'arrêter en si bon chemin et projette d'ouvrir un Fab club en septembre à Montreuil.

Partenaire officiel

Generali

C'est parce que Generali est en France l'assureur de 800 000 entreprises et professionnels (artisans, commerçants, professions libérales) et le leader de l'assurance vie sur internet que ce partenariat nous a semblé évident.
Un assureur se doit d'aider ceux qui souhaitent s'investir dans des processus d'innovation, être capable de développer des outils dans ce but et réussir coûte que coûte malgré la crise.
Ainsi, Generali a offert son soutien au mouvement des Entrepreneurs d'avenir qui compte aujourd'hui 650 dirigeants d'entreprise, dont A Little Market. Son but : promouvoir un nouveau modèle de l’entreprise et la société où la compétitivité doit se traduire dans le respect de l’individu, de son bien-être, des normes éthiques, sociales et environnementales.

Remerciements

A nos quatre intervenants pour leur disponibilité et tout ce qu'ils ont pu apporter à cette conférence. A notre partenaire Generali pour nous avoir soutenu dans cet évènement. Et enfin, à l'ensemble de la communauté de créateurs sans qui, rien de tout cela ne serait possible.
Nous espérons à travers cette conférence, avoir mis en avant, ce métier qui est le votre.
Continuons à avancer ensemble vers des solutions pour l'emploi !